Deux jeux de cartes, Dix dollars

 

Depuis trois ans, mon colocataire et moi nous asseyons à la table une fois par semaine pour faire une partie de poker. Texas Hold’em, deux jeux de cartes, dix dollars et plein de discussions inutiles. Pendant des heures, chaque semaine, nous nous enfermons dans le seul type de compétition qui compte vraiment. L’argent ne compte pas. Nous avons chacun perdu et gagné suffisamment pour savoir que cela s’équilibrera dans les quelques semaines à venir. Avec la force d’un adversaire détesté, nous nous asseyons avec l’intension de faire tomber l’autre avec notre conversation et notre jeu. Nous apprenons constamment, nous essayant à de nouveaux styles de jeu mais toujours à la table pour vaincre.

Nous avons l’un de l’autre grâce à ces parties, et aussi de nous-mêmes. Les gens venaient et s’en allaient mais personnes ne restait jamais pour beaucoup de parties. Ils pouvaient voir que c’était une histoire personnelle. Ce qui nous fascine le plus de cet évènement personnel est la véritable compétition. S’il perdait il savait pourquoi et il savait quelle main il avait mal joué et j’étais pareil.

Comme les Red Sox et les Yankees nous avons continue de nous battre semaine après semaine et les parties semblaient ne faire plus qu’une. Récemment, nous avons sorti le registre et fait la somme de près de trois ans de caves pour déterminer qui était vraiment en tête. Les chiffres ne trompent pas et montrèrent que mon colocataire avait un sensationnel avantage de 20$. Après plus de 1000$ de cave et des heures de notre temps, il avait 20$ de gains de plus. Nous nous mîmes d’accord pour faire une dernière partie. La cave serait des 20$ de différence et elle aurait lieu le jour du réveillon du jour de l’an. Nous mettrions fin à notre partie traditionnelle du dimanche soir après la partie et un dernier coup de chapeau au vainqueur. Puis ensuite nous commencerons à jouer les lundis soirs.